Carnet de voyage et aquarelle en dahabieh : dessiner le Nil
Mis à jour le 1 novembre 2026
En bref
Une dahabieh convient au carnet de voyage parce qu'elle avance lentement : les rives restent assez longtemps sous les yeux pour être dessinées. Emportez un format A5 ou A4, un petit kit d'aquarelle et de l'eau en flacon, car l'air sec sèche vite les lavis. Pour un club de 8 à 20 personnes, Azhar, Royal Cleopatra ou Merit Star se privatisent sur demande.
Poser la question sur WhatsAppOn photographie un paysage en une seconde, on le dessine en vingt minutes, et l'on n'oublie jamais ces vingt minutes. Le Nil se prête bien à cet exercice. La rive défile à la vitesse d'un marcheur, les bandes de couleur y sont simples, le vert, l'ocre, le bleu, et il arrive qu'un âne ou un héron reste assez longtemps pour poser.
Ce carnet s'adresse à ceux qui voyagent avec un crayon, un pinceau ou un boîtier utilisé comme un carnet. La technique de la photographie, les heures de lumière, les drones et les règles qui s'y rapportent font l'objet d'un autre texte, le voyage photo en dahabieh. Nous partons ici de la page blanche, et de ce qu'un groupe d'amateurs peut y gagner.
Pourquoi dessiner sur une dahabieh plutôt qu'ailleurs ?
Parce qu'on y dispose du temps et d'un poste fixe. Sur un grand bateau, le programme tient en escales rapides, et dessiner y revient souvent à voler quelques minutes à un groupe pressé. Sur un voilier, les heures de navigation font partie du voyage : personne n'attend rien de vous entre deux temples, et c'est précisément le temps dont le carnet a besoin.
Il existe aussi une tradition. Au début du XIXe siècle, les dessinateurs qui remontaient le fleuve pour rapporter l'image de l'Égypte en Europe n'avaient rien d'autre que leur crayon, et le carnet Champollion, Flaubert et les voyageurs français raconte cette époque. En dessinant depuis le pont, vous reprenez un geste vieux de deux siècles.
La limite tient à l'espace. Certains petits voiliers ont un pont plus étroit qu'on ne l'imagine, et un groupe de dix chevalets n'y trouve pas sa place. Regardez plutôt le plan du pont que le nombre de cabines.

Que mettre dans son sac pour dessiner sur le Nil ?
Moins que ce que vous imaginez. Le matériel doit tenir dans un petit sac, car vous l'emporterez à terre, à pied et parfois en barque. Le soleil et la poussière font le reste du tri : tout ce qui demande une table ou une longue préparation restera probablement à l'abri, dans la cabine.
| Matériel | Conseil | Pourquoi |
|---|---|---|
| Carnet | A5 ou A4, papier de 200 g ou plus, à spirale ou à couverture rigide | Tient sur le genou, résiste au vent |
| Aquarelle | Petit kit de voyage, dix à douze couleurs | Les ocres et les bleus dominent |
| Pinceau | Un pinceau à réservoir, un plat, un fin | Pas d'eau à transporter pour le premier |
| Eau | Un flacon qui ferme, deux gobelets | N'utilisez pas l'eau du fleuve |
| Crayons | Mine tendre, stylo résistant à l'eau | Pour les croquis rapides sur site |
| Pinces | Deux ou trois grosses pinces | Pour tenir la page dans le vent |
| Protection | Chapeau à bord, pull pour le matin | Le soleil et l'amplitude thermique |
Trois réalités surprennent les aquarellistes. L'air très sec fait sécher les lavis plus vite qu'en Europe : préparez vos mélanges avant de les poser, et travaillez plus petit. La poussière s'invite dans l'eau et sur le papier humide, surtout à terre. Le vent, souvent discret à la navigation, peut soudain soulever une page ou retourner un gobelet.
Le reste relève de la liste de valise habituelle. Gardez dans le bagage cabine ce que vous ne voulez pas perdre : le carnet du voyage précédent, ou vos meilleures couleurs.
Où et quand poser son carnet ?
Le pont pendant la navigation, le mouillage en fin de journée et quelques sites moins fréquentés offrent les meilleurs moments. La question n'est pas seulement de savoir où aller, mais de trouver un endroit où l'on peut rester assis vingt minutes sans gêner personne ni attirer une foule.
| Moment | Lieu | Ce qu'on y dessine |
|---|---|---|
| Matin de navigation | Pont, à l'ombre | Palmiers, berges, felouques |
| Heures chaudes | Sous la pergola | Détails du bateau, voiles, portraits de ceux qui acceptent |
| Fin d'après-midi | Mouillage d'une île | Ciel, silhouettes, reflets |
| Escale calme | Gebel el Silsila | Parois de grès et marques de carriers |
| Escale calme | El Kab | Paysage de désert et ruines |
| Dernier jour | Village nubien | Maisons peintes, avec l'accord des habitants |
Dans les grands temples, les conditions sont moins favorables : il y a du passage, et le rythme de la visite n'a pas été pensé pour vous. Partez plutôt avec un petit carnet et quelques croquis, puis reprenez le dessin à bord. Demandez aussi au guide si un trépied, un tabouret ou une installation prolongée pose un problème sur tel ou tel site. Les règles peuvent changer, et l'avis du gardien l'emporte toujours.
Pour les personnes, la règle est plus simple qu'en photographie mais reste la même : demandez d'abord. Montrer sa page ouvre d'ailleurs souvent la conversation, et les enfants s'attroupent volontiers. Le carnet hors circuits vous aidera à choisir vos arrêts.
Quel voilier et quel itinéraire pour dessiner ?
Le pont ombragé et la durée comptent davantage que le luxe des cabines. Pour dessiner, il faut pouvoir s'installer à l'ombre sans être serrés, avec une vue dégagée des deux côtés, et rester au moins plusieurs jours sur l'eau. Sept nuits donnent le temps d'y prendre goût ; quatre nuits conviennent à une première expérience.
- Eyaru offre un pont annoncé à 210 m², sur un voilier de huit cabines.
- Abundance annonce 200 m² de pont ombragé, et fait étape à Gebel el Silsila.
- Asiya protège son pont sous deux pergolas de 20 mètres.
- Judi possède une longue table, bien utile à un atelier.
Dans quel sens partir ? Assouan offre le granit et les villages colorés, Louxor les grandes parois. Commencer par les berges calmes puis finir par l'exubérance d'Assouan vous laissera sur une belle page. Louxor, Esna ou Assouan compare les points de départ. La saison de novembre à mars est la plus confortable, mais les soirs y sont froids ; les doigts engourdis ne font pas de bons traits.
Comment privatiser un voilier pour un club ou un atelier ?
Un atelier réussi repose sur trois personnes : celle qui anime, celle qui organise et celle qui dialogue avec l'équipage. Sur une dahabieh privatisée, on peut régler les heures de navigation et demander un mouillage plus long, dans la mesure de ce que permettent le courant, le vent et les règles. Ces souhaits s'écrivent dans le brief initial plutôt qu'à bord.
Choisissez la taille du voilier à partir des membres du club et d'un éventuel animateur :
| Groupe | Voilier | Cabines |
|---|---|---|
| 8 personnes | Queen Cleopatra | 4 |
| 12 personnes | Azhar | 6 |
| 16 personnes | Royal Cleopatra | 8 |
| 24 personnes | Merit Star | 12 |
Posez ces questions avant de signer :
- Peut-on avoir une table réservée au matériel, et peut-on y laisser les pages à sécher ?
- Où l'atelier se tient-il lorsque le pont est trop venteux ?
- L'itinéraire permet-il une escale longue et des matinées sans visite ?
- Le guide peut-il prévoir une visite plus courte pour ceux qui préfèrent dessiner ?
- Comment sont gérés les membres du groupe qui ne dessinent pas ?
Pour le budget et le partage, reportez-vous à ce qui est inclus dans une privatisation et à la privatisation selon la taille du groupe. Un animateur occupe une cabine et demande une rémunération : ajoutez-les au calcul.
Et si l'on voyage seul avec son carnet ?
Il est tout à fait possible de dessiner à la cabine, sur un départ partagé. Les autres passagers regarderont vos pages par-dessus votre épaule, et certains finiront par sortir un crayon. Prévenez simplement que vous ne suivrez peut-être pas toutes les visites, et demandez si l'on peut rester à bord pendant certaines escales, ce qui n'est pas toujours possible. Pour le choix du bateau, consultez les dahabiehs les plus intimes ou notre page dahabieh ou bateau de croisière.
Le meilleur conseil reste de ne pas chercher l'œuvre. Une page par jour, même maladroite, vaut mieux qu'un grand projet inachevé : au retour, c'est elle qui vous rendra la chaleur de cet après-midi-là, et l'odeur du fleuve au mouillage.
Questions fréquentes
Faut-il savoir dessiner pour ce type de voyage ?+
Non. Un petit carnet et un crayon suffisent, et le rythme du voilier laisse le temps de s'y essayer. Un atelier privé peut aussi accueillir des débutants, si l'animateur le prévoit.
Peut-on dessiner dans les temples ?+
En général, un croquis rapide ne pose pas de problème, mais les trépieds, les tabourets et les installations prolongées peuvent être restreints. Demandez au guide, et suivez toujours les consignes du gardien.
Comment l'aquarelle réagit-elle au climat égyptien ?+
L'air sec fait sécher très vite les lavis. Travaillez sur de petits formats, préparez vos mélanges à l'avance, et gardez le matériel à l'abri de la poussière et du vent.
Peut-on privatiser une dahabieh pour un club de dessin ?+
Oui, sur demande, selon le voilier et les dates. Azhar convient à douze personnes, Royal Cleopatra à seize et Merit Star à vingt-quatre. Indiquez dès le premier message vos besoins en matière d'horaires et d'escales.
Peut-on rester à bord pendant une visite pour dessiner ?+
C'est le plus souvent possible, mais cela dépend de l'amarrage et de la politique du bateau. Posez la question avant le départ, surtout sur un voilier partagé avec d'autres passagers.