Que faire à Assouan après la dahabieh ?
Mis à jour le 18 octobre 2026
En bref
Après une dahabieh, gardez deux jours pour Assouan, trois si vous ajoutez Abou Simbel. Le premier jour : la carrière de l'obélisque, le haut barrage et le temple de Philae en barque, le musée nubien aux heures chaudes, puis une felouque entre Éléphantine et l'île Kitchener. Le second : Abou Simbel, à 280 km au sud, par la route avant l'aube ou en 45 minutes d'avion.
Poser la question sur WhatsAppLe dernier matin, la dahabieh glisse entre des blocs de granit polis par le courant, et la ville surgit d'un coup : la corniche, les felouques à quai, les coupoles sur la rive opposée. Après des jours de vent et d'escales presque désertes, l'envie de filer à l'aéroport est compréhensible. Ce serait pourtant passer à côté de la meilleure partie de la fin du voyage. Assouan ne se coche pas, elle se prolonge. Et c'est d'ici, aussi, que l'on part pour Abou Simbel.
Combien de jours garder après le débarquement ?
Deux jours couvrent l'essentiel, à condition de les organiser : l'un pour les monuments et le fleuve, l'autre pour Abou Simbel. Un troisième jour change tout, car il rend le temps à la flânerie : la rive ouest, un village nubien sans horaire, un dernier thé face aux îles.
Une précaution d'abord. La dernière journée de navigation inclut parfois Philae ou un tour à Éléphantine. Relisez votre programme de bord avant de réserver quoi que ce soit, et gardez le temps ainsi gagné pour ce que le bateau ne pouvait pas vous offrir.
Philae vaut-elle encore le détour si l'on a vu Edfou et Kom Ombo ?
Oui, et pour une raison simple : c'est un temple qu'on rejoint sur l'eau, ce qui le distingue de tous ceux du parcours. Une barque à moteur part de l'embarcadère, contourne les rochers, et l'île apparaît, couverte de colonnes.
Philae était consacrée à Isis, et son culte y a survécu plus longtemps que partout ailleurs : jusqu'au VIe siècle, des fidèles y honoraient encore la déesse, à une époque où l'Égypte avait depuis longtemps adopté le christianisme. Le site actuel n'est d'ailleurs pas le site d'origine. Menacé par les barrages successifs, le sanctuaire a été entièrement démonté dans les années 1970, puis remonté pierre à pierre à environ 500 mètres, sur l'îlot d'Agilkia, hors d'atteinte des eaux. On y flâne entre les pylônes, puis l'on s'attarde devant le kiosque de Trajan, ce pavillon à colonnes ouvert sur le fleuve.
Le matin tôt, la lumière est douce et les groupes encore rares. Le soir, un spectacle son et lumière anime les ruines. Un conseil d'usage : mettez-vous d'accord avec le batelier sur le tarif, le trajet et la durée d'attente avant d'embarquer.
Pourquoi passer par la carrière et le barrage ?
Parce qu'ils racontent, à trois mille ans d'écart, la même obsession : soumettre la pierre et le fleuve.
Dans une carrière au sud de la ville, un obélisque inachevé est resté couché dans le granit. Une fissure l'a condamné pendant la taille, il y a environ trois mille cinq cents ans, et personne ne l'a jamais dégagé. Terminé, il aurait dépassé les 40 mètres pour un poids estimé à plus de mille tonnes, du jamais vu en Égypte. La roche garde les traces des ouvriers, rainures et marques de frappe : c'est un atelier figé, plus parlant qu'un manuel. Une petite heure suffit.
Le haut barrage, inauguré en 1970, appartient à une autre histoire. En retenant le fleuve, il a mis fin aux crues annuelles et créé le lac Nasser, long de quelque 500 km. Il a aussi forcé des communautés nubiennes entières à quitter leurs terres, et c'est lui qui a obligé à sauver les temples de Nubie. Sur place, on longe une immense digue, avec le lac au sud et le Nil au nord. La visite est brève, mais elle éclaire tout le reste.
Le musée nubien : par où commencer pour comprendre la région ?
C'est sans doute la visite la plus utile d'Assouan, et la plus reposante aux heures chaudes. Le bâtiment, en pierre couleur de sable, reprend les formes de l'architecture locale. À l'intérieur, la Nubie se déploie sur des millénaires : gravures rupestres, objets du quotidien, statues royales, dont celle d'un souverain issu des dynasties nubiennes qui régnèrent sur l'Égypte.
La partie la plus émouvante évoque les villages engloutis par le lac et le grand chantier international qui a déplacé les temples. Passez-y avant d'aller chez l'habitant : vous ne regarderez plus de la même façon une maison peinte ou une jarre d'eau posée sur un seuil.
Que faire sur l'eau quand on vient de quitter un voilier ?
Retourner sur l'eau, justement, mais autrement. La felouque n'a rien d'une dahabieh : une coque ouverte, une voile unique, un batelier et quelques passagers. On frôle les rochers, on vire de bord entre les îlots, et l'on sent le vent bien plus qu'à bord d'un grand voilier.
Le meilleur moment est la fin d'après-midi. Deux îles méritent qu'on y pose le pied :
- Éléphantine, en face de la corniche, était la place forte qui gardait la frontière sud du royaume. Parmi les ruines, on repère le sanctuaire du dieu bélier Khnoum et un escalier gradué qui servait à mesurer la crue. Deux villages nubiens y vivent toujours.
- L'île aux plantes, que l'on appelle aussi île Kitchener, du nom de l'officier britannique qui en fit un jardin exotique. Des allées ombragées, des essences venues de loin, et beaucoup d'oiseaux.
Comment visiter un village nubien ?
Le plus connu, Gharb Soheil, s'étage sur la rive ouest, au-dessus d'une plage de sable. Les façades y sont bleues, jaunes ou roses, ornées de dessins naïfs. On y accoste en bateau, on s'assoit dans une cour pour boire un karkadé, l'infusion rouge d'hibiscus, puis l'on passe devant les étals d'épices et de henné.
Le lieu vit en partie du tourisme, c'est indéniable. Mais pour des familles déplacées par le barrage, cet accueil est aussi une fierté et une ressource. Venez sans attente de folklore, avec quelques billets pour le thé et une vraie curiosité.
Que voir sur la rive ouest ?
En face de la ville, le sable descend jusqu'au fleuve. Trois sites s'y découpent :
- le mausolée de l'Aga Khan, coupole claire posée sur une colline, où repose depuis 1957 l'ancien chef des ismaéliens ; on le contemple depuis l'eau ;
- le monastère Saint-Siméon, grand ensemble copte en brique crue datant du haut Moyen Âge, que l'on rejoint à pied ou à dos de chameau ;
- les tombes des Nobles, percées dans la falaise, d'où la vue embrasse toute la ville.
Une demi-journée en bateau, avec un guide, permet de tout relier sans se presser.
Abou Simbel : l'aller-retour le plus marquant du voyage
Il faut le dire franchement : c'est une expédition. Le site se trouve à 280 km au sud, à la lisière du Soudan. La plupart des voyageurs y vont par la route, en partant dans la nuit ; d'autres prennent un court vol.
Ce qui attend là-bas justifie l'effort. Quatre statues géantes de Ramsès II, hautes d'une vingtaine de mètres, sont assises dans la falaise ; l'une d'elles, brisée par un tremblement de terre dans l'Antiquité, a gardé ses débris à ses pieds. Le temple s'enfonce dans la montagne jusqu'à une salle où siègent quatre divinités. Juste à côté, un second temple honore Néfertari, représentée aussi grande que le roi, privilège rarissime pour une reine.
Rien de tout cela n'est à sa place d'origine. Dans les années 1960, les deux temples ont été tronçonnés en blocs puis rebâtis sur le plateau, 65 mètres au-dessus de leur ancien emplacement. On le sait, mais sur place, on ne le voit pas.
| Par la route | En avion | |
|---|---|---|
| Durée du trajet | 3 h à 3 h 30 par trajet | Environ 45 minutes |
| Départ d'Assouan | En pleine nuit, vers 4 h | Selon les horaires des vols |
| Temps sur le site | Environ 2 heures | Environ 2 heures |
| Fatigue | Journée longue | Retour possible avant le déjeuner |
| Pour qui | Lève-tôt, budgets serrés | Ceux qui veulent ménager leurs forces |
Le 22 février et le 22 octobre, l'alignement du soleil sur l'axe du temple attire une foule considérable. Si vos dates coïncident, préparez-vous à une logistique plus lourde.
Et l'Old Cataract ?
Pendant plus d'un siècle, prendre le thé sur la terrasse de ce grand hôtel de brique rose, perché sur un rocher au-dessus du fleuve, a fait partie du rituel d'Assouan. Agatha Christie y a séjourné, et le lieu reste associé à Mort sur le Nil.
Pour l'heure, l'établissement est en travaux : il a fermé en mai 2026 pour une rénovation de longue durée, et la réouverture est annoncée pour 2027. Vérifiez avant de vous y rendre. Les cafés de la corniche offrent, en attendant, de belles vues sur le coucher du soleil.
Un programme simple sur deux jours
| Jour | Matin | Après-midi et soir |
|---|---|---|
| Jour 1 | Carrière de l'obélisque, barrage, puis Philae en barque | Musée nubien pendant les heures chaudes ; felouque entre les îles en fin de journée |
| Jour 2 | Abou Simbel, par la route ou en avion | Village nubien sur la rive ouest, puis souk et corniche à la nuit tombante |
Le souk, qui court derrière la corniche, est réputé pour son calme : on y achète hibiscus, épices et tissus sans être harcelé. Puis on s'assoit au bord de l'eau, et l'on regarde les dernières voiles rentrer.
Ce qu'il faut savoir avant de rester à Assouan
- La chaleur. C'est la ville la plus chaude du parcours. De novembre à mars, le climat est idéal ; l'été, les après-midi deviennent écrasants, au-delà de 40 °C. Sortez tôt.
- Les paiements. Les billetteries officielles prennent de plus en plus souvent la carte. Gardez néanmoins de petites coupures pour les bateaux, le thé et les achats.
- Les bateliers. Fixez toujours prix, itinéraire et temps d'attente avant le départ.
- La tenue. Couvrez épaules et genoux dans les lieux de culte et chez l'habitant.
- Le passeport. Indispensable pour Abou Simbel, en zone frontière.
Si le voyage n'est pas encore bouclé, notre carnet Louxor ou Assouan, où commencer ? vous aidera à choisir le sens de la navigation, et l'itinéraire type détaille les escales qui précèdent l'arrivée. Côté bateau, la flotte va du Lazuli Highness, cinq cabines seulement, à l'Agatha, qui rejoint Assouan en cinq nuits.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour visiter Assouan ?+
Deux jours suffisent pour l'essentiel : un premier consacré au barrage, à la carrière de l'obélisque, à Philae, au musée nubien et à une sortie en felouque, un second réservé à Abou Simbel. Ajoutez un troisième jour si vous voulez visiter la rive ouest, passer du temps dans un village nubien ou simplement ralentir.
Comment aller d'Assouan à Abou Simbel ?+
Par la route, en 3 h à 3 h 30 pour 280 km, avec un départ vers 4 h du matin, ou en avion, en environ 45 minutes depuis l'aéroport d'Assouan, situé à 25 km de la ville. Dans les deux cas, prévoyez environ deux heures sur place et emportez votre passeport, la région étant une zone frontalière.
La visite de Philae fait-elle doublon avec la dahabieh ?+
Parfois. Certains programmes de dahabieh incluent Philae ou l'île Éléphantine dans la dernière journée. Vérifiez votre itinéraire avant de réserver une visite à Assouan. Si le temple était au programme, profitez-en pour revenir le soir assister au spectacle son et lumière, ou consacrez ce temps aux villages nubiens et à la rive ouest.
Quelle est la meilleure saison pour séjourner à Assouan ?+
De novembre à mars. Au cœur de l'hiver, les après-midi tournent autour de 22 à 26 °C et les soirées sont fraîches. C'est aussi le moment où la ville est la plus fréquentée. Fin octobre et mars sont de belles intersaisons. En été, la chaleur dépasse souvent 40 °C, et il faut tout visiter à l'aube.
Peut-on visiter un village nubien de façon respectueuse ?+
Oui. Gharb Soheil, sur la rive ouest, accueille les visiteurs de longue date : on y boit le thé d'hibiscus chez l'habitant et l'on y achète des épices. Habillez-vous sobrement, demandez avant de photographier les personnes et prévoyez un peu de monnaie pour le thé ou les achats. Le musée nubien, visité avant, enrichit beaucoup l'expérience.
L'hôtel Old Cataract est-il ouvert ?+
L'hôtel est fermé pour rénovation depuis mai 2026, avec une réouverture attendue en 2027. Sa célèbre terrasse, où l'on venait prendre le thé face à l'île Éléphantine, pourrait donc être inaccessible pendant votre séjour. Renseignez-vous avant de prévoir la visite, et rabattez-vous sur une terrasse de la corniche pour le coucher du soleil.